Né en Bretagne en 1861 au sein d’une famille de couvreurs, Arsène Brandilly apprend le métier auprès de son père.

Il se perfectionne sur le Tour de France entamé à 17 ans puis chez un couvreur à Angers. Celui-ci lui enseigne l’art d’exécuter des travaux importants : il couvre notamment e Pavillon des Ardoisières d’Angers à l’Exposition Universelle de 1900. Après quelques années chez un second entrepreneur angevin, il intègre la commission des Ardoisières d’Angers.

Pendant vingt-cinq ans, tout en exerçant son métier, il met au point une théorie précise des couvertures en ardoise. Il y consacre les dernières années de sa vie qu’il passe dans les ateliers où sera installée l’Ecole Supérieur de Couverture à Angers, route de Saint-Léonard, au centre de la production ardoisière.

Grâce à sa collaboration, une technique moderne de la construction en ardoise a pu être mise au point. Il a donné des solutions pratiques aux problèmes du plan carré, étudié en détails les divers ouvrages de coupe et mis en lumière les principes essentiels de leur exécution. Une vive intelligence, un esprit fin et jamais en repos, tel étaient les principaux traits de son caractère. Heureux de faire profiter les jeunes ouvriers des connaissances qu’il avait acquises, il ne perdait pas une occasion de les perfectionner dans leur métier.

Il a été quinze ans professeur de couverture à l’École d’apprentissage d’Angers. A l’ouverture de l’École Supérieure de Couverture, il fut chargé de diriger les travaux pratiques. Le temps trop court où il a professé, les élèves ont pu apprécier sa haute valeur professionnelle.

Entre-temps, c’est sous la direction de Maître Brandilly qu’avaient été construites les maquettes de l’ESC sur lesquelles travaillaient les élèves. Elles constituaient un ensemble remarquable où ont été réunies toutes les formes de charpentes susceptibles d’être couvertes en ardoise.

Sa première édition du Manuel du Couvreur Ardoisier, publiée en 1929, est rapidement épuisée lors de sa parution.

Son fameux chef-d’oeuvre éponyme représente environ 5000 heures de travail

Conçu à l’origine pour sa charpente, il a été couvert en ardoises minutieusement taillées et clouées. Cette maquette a la particularité de réunir les plus belles formes de toitures générant des travaux de raccords très complexes et toutes les difficultés techniques que les couvreurs ardoisiers peuvent rencontrer dans leur vie professionnelle.

Maître Brandilly est mort le 12 mars 1929 sans avoir pu voir la fin de la première session des cours auxquels il avait apporté tous ses soins. L’existence de ce maître ouvrier peut être proposée dont comme un modèle de conscience et de probité professionnelle.