Francis Le Bris s’est initié au bioclimatisme, il y a plus de 20 ans, lors de la réalisation de sa propre maison, en grande partie autoconstruite.  Fort de cette expérience et après de nombreuses années passées sur les chantiers et dans les bureaux d’études, il se lance dans la conception et la maîtrise d’oeuvre en 1998.

« Exploiter les calories de l’air chauffé par le soleil derrière les ardoises »

Il développe et améliore un principe d’inertie thermique actif. Au départ, une idée simple : aspirer l’air réchauffé gratuitement par le soleil derrière les ardoises du toit, “le capteur solaire breton”, et le faire circuler dans le sol, pour lui transférer ses calories. En outre, l’air neuf peut aussi être préchauffé dans le sol situé sous la maison, à la manière d’un puit canadien.

Le système fonctionne aujourd’hui parfaitement et presque tous les projets de Francis Le Bris en sont équipés. La prochaine étape consistera à se passer du chauffage d’appoint, comme dans une véritable maison passive. Mais dans la simplicité, car il n’aime pas les “usines à gaz

Crédit photo : 1. Jean-Paul Blugeon, 2, 3, 4: Francis Le Bris

« Le principe efficace été comme hiver du régulateur thermique »

Il s’agit de concevoir et de réaliser une masse thermique située sous l’habitation : utilisée comme accumulateur, équilibreur et régulateur thermique, elle fonctionne en interaction avec le volume interne du bâtiment. Grâce à un ou plusieurs ventilateurs pilotés par thermostat, l’air circule dans un ou plusieurs réseaux de tubes intégrés dans la masse thermique. Une sonde de limitation de température de sol peut être installée pour éviter les surchauffes d’été.

La masse peut être chargée toute l’année, dès que l’air atteint la température minimum de fonctionnement (à partir de 23°). Même si la température profonde moyenne de la masse reste le plus souvent inférieure à 19° en hiver, elle diminue la perte de chaleur par le sol, comparé aux classiques maisons sur vide sanitaire ou sur plots. En saison froide, une partie des apports passifs par les vitrages est stockée dans le haut de la masse et restituée la nuit par rayonnement, évitant une relance importante du chauffage d’appoint.

Sans être un chauffage au sens classique, ce régulateur thermique constitue une base dans un bâtiment respectant les principes de l’architecture solaire passive. Il limite aussi bien les baisses de température d’hiver que les surchauffes d’été, apportant un plus en matière de confort et d’économie. En cas d’inoccupation prolongée en hiver et sans chauffage d’appoint, la température ambiante reste facilement au-dessus de 13-14° : la mise hors gel est acquise.

Avec l’aimable autorisation de Habitat Naturel

En pratique

ardoise_capteur_solaire_5La maison est assise sur 150 tonnes de sable de carrière sur 1 m d’épaisseur et 75 m² (tout le rez-dechaussée) pour une surface habitable de 144 m².

Un réseau de tuyaux circule dans la masse. Derrière le rampant sud des 60 m² de toiture, deux ventilateurs de 23 W chacun envoient l’air chaud dans la masse. Fonctionnant 30 % du temps, ils consomment 60 kWh par an.

En hiver, la ventilation se met en route dès 23° sous les ardoises (bon à savoir : la température ne descend pas en dessous de 15° pendant les absences) et à partir de 28° en été.

Pour l’apport d’air neuf, un autre tuyau traverse la masse thermique et apporte un air réchauffé de 7 à 10° par rapport à l’extérieur. La mise en oeuvre du principe de masse thermique ventilée a coûté un peu plus de 6 700 € TTC (avec la dalle et l’isolation des fondations) dont 1900 € pour la partie ventilation.

« Une mise en oeuvre exemplaire »

Située sous le volume habité, à l’intérieur des murs de soubassements périphériques, la masse thermique a une épaisseur moyenne d’un mètre (variable suivant l’étude technique). Elle est isolée en pourtour sur la hauteur du soubassement et sans pont thermique. Une isolation horizontale, placée sous la masse thermique peut être nécessaire pour améliorer les performances.

La masse thermique est constituée de remblai de carrière, de granulométrie 0/20 et compacté par couches successives (densité moyenne finale : 2 tonnes/m³. Le matériau permet à la fois des échanges thermiques et le stockage de chaleur. Il doit rester incompressible pour que la dalle “flottante” réalisée au-dessus ne risque pas de s’affaisser ou de fissurer (pas de problème rencontré à ce jour). Les réseaux de transfert de chaleur en tube plastique sont inclus à l’intérieur du remblai.

Francis Le Bris précise un point important. Bien que simple dans son fonctionnement et sa réalisation, ce système nécessite une étude technique complexe, pour bien fonctionner. La conception architecturale et technique du bâtiment doit être globale et ne supporte pas d’approximation.

Crédit photo : Francis Le Bris

Francis Le Bris propose des missions de conseil et d’étude pour les maîtres d’oeuvre, architectes, constructeurs et maîtres d’ouvrage publics ou privés qui souhaitent un accompagnement personnalisé dans leurs projets.
St Eloi – 56550 LOCOAL MENDON
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