Les travaux de rénovation sont importants : plus de 3 000 m2 d’ardoise à poser sur une charpente, entièrement à reprendre ! Encore deux ou trois années de travaux. La fin de la première tranche approche et déjà près de 600 m2 ont été couverts en CUPA 5 MH 8 mm.

Au sud de la Charente (16), le Château de Chalais domine la vallée de la Tude depuis le XIème siècle. Prise par les Anglais durant la guerre de Cent Ans, reprise et démantelée par Charles V au XVème, reconstruite sous la Renaissance, la place forte a connu bien des péripéties.

Elle était la propriété des Talleyrand-Périgord, dont l’étoile pâlit à la fin du XVIII ème. En 1883, le dernier prince de Chalais, le duc Hélie-Louis-Robert, légua son château à la Ville, mais exigea que l’on crée un hospice de vieillards. Ainsi, le précédent propriétaire n’était autre que la maison de retraite. Hélas, l’organisme qui n’avait plus les moyens d’entretenir la bâtisse, dû se résoudre à sa mise au Domaine en 2007.

Le Monument Historique est acheté 2011 par Yves Lecoq. Bien connu pour ses performances sur scène ou en télévision, l’imitateur est également un passionné de patrimoine. Déjà investi dans plusieurs projets de rénovation, il s’est laissé happer par le charme du lieu, et souhaite à présent redonner de sa superbe à l’édifice.

Il suffit de passer le pont…

Bâti sur un promontoire qui surplombe la ville de Chalais, le château est imposant. L’accès à la cour d’honneur se fait par une double porte piétonne et cochère percée dans un pavillon qui a gardé son pont-levis. Celui-ci, qui date du XVI ème siècle, est l’un des rares encore en fonction en France.

Le corps principal du logis d’architecture Renaissance, flanqué de pavillons en saillie, attire l’attention par sa façade très XVII ème siècle et par ses hauts toits d’ardoise, rares en Charente.

Enfin une haute tour carrée du XIV ème avec mâchicoulis domine la vallée. Une partie de l’édifice a été inscrite dès 2002 tandis que le châtelet d’entrée avec son pont-levis, le logis et le donjon, en totalité, y compris leur décor intérieur ont été classés par arrêté du 1er avril 2003.

Un important travail de rénovation

La priorité étant les couvertures de l’édifice, la première tranche du chantier concerne la toiture de l’aile nord du château. Celle-ci, qui a été bien malmenée par la tempête de 1999, est la plus abîmée.

Trois entrepreneurs sont mobilisés : le charpentier Férignac, de Hautefort (24) ; le couvreur Boucher, de Cognac et Jonzac ; et les tailleurs de pierre des compagnons de Saint-Jacques installés à Barbezieux. Les quatre autres tranches concerneront le corps du bâtiment puis le donjon. Le gîte et les communs seront traités ultérieurement.

Des ardoises plus épaisses « Notre responsabilité est double : sauvegarder un édifice classé mais aussi, le mettre en valeur. Pour cela, le choix de l’ardoise a été simple : il fallait qu’il y ait une correspondance entre le produit proposé et nos attentes. Ce qui a été montré nous a satisfait nous a satisfait en termes de teinte et de régularité. Les ardoises utilisées seront plus épaisses et plus lumineuses que celles qui furent posées dans l’urgence, après-guerre. Par ailleurs, des éléments décoratifs – lucarnes, épis de faîtage ou encore membrons – seront recréés. Nulle fantaisie dans ce choix : nous nous rapprocherons d’éléments architecturaux du XVIII ème qui figurent sur certains documents »

Philippe Villeneuve

Architecte en chef des Monuments historiques

L’entreprise Bouchet

« C ’était soit le foot, soit la couverture ! » se rappelle Sébastien. Ses origines l’ont emporté sur des débuts prometteurs en sport semi-pro !

Rattrapé par son histoire, ce fils, petit-fils et arrièrepetit- fils de couvreur dirige aujourd’hui une entreprise de huit personnes, reconnue sur son secteur, notamment grâce à de belles références.

J ’ai démarré seul, avec un emprunt pour payer la camionnette et l’échelle… Avec le temps, l’équipe et moi pouvons assumer des chantiers comme le Château de Chalais. Même si celui-là est particulier, pas de quoi nous effrayer, pour peu qu’on avance avec méthode. Je travaille avec l’ardoise Cupa depuis longtemps et je savais ce que je faisais en la présentant pour le Château. Néanmoins, nous étions attendus au tournant… Mais : il semble que nous soyons en passe de remporter le pari !