11 300 heures de travail, une cinquantaine de couvreurs, près de 156 000 ardoises… Bien plus qu’une succession de chiffres tous aussi impressionnants les uns que les autres, le chantier des Manoirs de Tourgéville fut une prouesse à la fois architecturale et technique.

Située à quelques encablures de Deauville, la célèbre Hostellerie de Tourgéville, un hôtel de grand luxe créé par le cinéaste Claude Lelouch en 1978, a rouvert ses portes depuis quelques semaines.

Et c’est un site entièrement transformé par l’architecte deauvillais Patrick Le Gosles que l’on découvre aujourd’hui ! Acquis en juin 2009 par le groupe Floirat, il s’agit désormais d’un complexe de prestige composé de quatre « manoirs » avec patio et d’un restaurant de style normand. Sorties de terre en seulement huit mois, ces constructions complètent harmonieusement le bâtiment existant avec une particularité qui en fait le charme autant que la diffi culté technique : elles sont de forme ronde.

Pour la société Lesieur-Routour, qui a emporté le marché, ce fut un réel défi : « En juin, nous répondions à l’appel d’offres, se souvient Denis Routour, directeur de la société normande de couverture, de plomberie et de chauffage. En juillet, nous savons que nous sommes retenus. En septembre, nous organisons le planning et imaginons une méthode effi cace car les délais étaient extrêmement courts. »

En effet. Les couvreurs ont commencé la préparation vers le 20 décembre. Certains sont même revenus quelques jours pendant les congés de fi n d’année pour prendre de l’avance sur la taille d’ardoise… Deux mois plus tard, le 20 février 2010, les couvertures gironnées des cinq bâtiments étaient terminées. Et ce, malgré des changements de dernière minute comme la création d’une verrière surplombant le dôme en zinc du restaurant !

« Au vu de la charge de travail et des délais serrés, nous avons décidé de travailler en co-traitance avec quatre autres entreprises de couvertures : Anne Bouclier à Airan, Bordier à Saint Martin de Fontenay, Christian Pillet à Dozulé et Ilios à Deauville. » Une collaboration fructueuse nécessitant aussi une organisation millimétrée.

Car aucun retard n’était envisageable ! « Si chaque entreprise a taillé son ardoise, il était indispensable de mettre en place une méthode de travail très rigoureuse pour que le résultat fi nal soit harmonieux d’un bâtiment à l’autre. »

Mobilisation et entraide au sein de toutes les équipes ont ainsi permis de fi nir en un temps record !

Traçage au sol, création d’une machine de découpe… 25,20 mètres de diamètre pour les manoirs et 28,50 mètres pour le restaurant panoramique, soit 3 080 m2 de gironné ! Près de 156 000 ardoises ont été nécessaires. « Nous avons opté pour la Cupa 4 en 35×20 tout en respectant les délais. Cette taille nous a permis de réduire les coupes puisque les ardoises mesurent 20 cm en bas et 13 cm en haut.

À noter qu’à l’intérieur des gironnés, le montage est inversé. » Pour fournir cette quantité hors normes de 35×20, Cupa a dû y consacrer un atelier. « Nous savions que cet engagement était tenable mais il a demandé de gros efforts à nos équipes en carrière et dans les ateliers », indique Thierry Heurtebize, responsable commercial de secteur. Denis Routour conclut « À mon sens, ce chantier est exemplaire tant au niveau de la performance architecturale, des efforts de chacun et de l’ambiance ! Bien que nous soyons cinq entreprises de couvertures différentes, nous avons réussi à travailler de concert ! »Le résultat parle de lui-même…